Actualités

Les médias sont-ils libres?

"Les médias sont-ils libres ?", c’est la question à laquelle tenteront de répondre Jean-Jacques Jespers (ancien journaliste et professeur à l’ULB), Michel Collon (journaliste indépendant) et Thierry Fiorilli (éditorialiste-journaliste au quotidien “Le Soir”) au cours d'une conférence-débat ce 26 avril à l’Université Libre de Bruxelles. Plus d'infos

Qui est en ligne ?

Nous avons 2 invités en ligne

Rejoignez-nous

Rejoignez-nous sur FacebookSi vous voulez nous suivre sur Twitter

Statistiques

Membres : 144
Contenu : 1850
Liens internet : 3
Affiche le nombre de clics des articles : 2340507

Rédaction

. Se connecter
L'univers transmedia: une nouvelle façon de raconter des histoires PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Elisa Vandekerckhove   
Mercredi, 24 Mars 2010 14:21

Depuis le début des années 2000, le phénomène transmédia s'impose petit à petit comme LE nouveau mode de consommation audiovisuel. Ayant fait ses preuves aux États-Unis, et émergeant à présent en Europe, cette démarche est avant tout créative. Elle a pour but de construire une histoire à travers d'innombrables supports, qui, les uns dans les autres, créent une narration riche et nuancée. Explications de ce nouveau concept dans l'air du temps.

 


"Dans l'uniformité apparente de l'univers digital, s'offre à nous aujourd'hui un océan de possibilités. Le mix transmédia, c'est l'exigence du 360 associé à la valorisation inside d'un processus wiziwik totalement dématérialisé"...Voici une définition pour le moins obscure des Raconteurs, définition décalée et parodique bien évidemment! Même si les créateurs transmédia jouent avec des outils complexes et plus performants les uns que les autres, il est possible de définir le terme sans tomber dans une caricature informatico-nébuleuse.

Transmedia: défintion

Le terme transmédia est apparu pour la première fois aux Etats-Unis en 2003, dans un article écrit par Henry Jenkins et intitulé "Transmedia storytelling". Selon son analyse, le transmédia est une narration créée par plusieurs auteurs disparates qui mettent leur expertise en commun pour produire un contenu destiné à la distribution et ce sur plusieurs médias. En d'autres termes, on parle de transmédia lorsque une histoire est racontée sur différents médias (livre, bande-dessinée, Internet, télévision, portable, cinéma...) Il ne s'agit pas seulement d'une déclinaison de la même histoire sur plusieurs supports (on appelle cette technique le cross-média), mais plutôt d'une sorte de puzzle géant où chaque chapitre est conçu spécifiquement pour le média en question, et celui-ci, de façon autonome, enrichit l'histoire racontée, permet d'ajouter une pièce au puzzle.

Un outil créatif et ingénieux 

Deux facteurs rentrent en compte dans le développement du transmédia.
Tout d'abord, il s'agit de la prolifération évidente, ces dernières années, de nouveaux médias (les jeux vidéos, les smartphones, Internet, ...) et la demande continuelle de contenu pour chacun d'eux.
Ensuite, le développement de cette pratique s'apparente à la volonté, de la part des créateurs médias, de diminuer le coût de production de ces contenus, en se partageant la tâche. La créativité de cette démarche réside donc dans la rencontre de ces créateurs issus d'univers différents et chacun expert dans leur domaine.
Ces deux facteurs s'inscrivent évidemment dans un processus de marketing extrêmement bien ficelé, où les annonceurs associés à l'histoire, ont la possibilité de mettre en avant leur marque à un public encore plus vaste et hétéroclite qu'auparavant.  

Un concept qui veut répondre à une demande

Qu’on le veuille ou non, la multiplication des supports, l’influence de plus en plus grande des jeux vidéo, le développement foudroyant des réseaux sociaux, modifient considérablement notre façon de vivre et de raconter des histoires. Le concept est de taille et l'enjeu pour les marques est majeur: il répond aux nouveaux comportements de plus en plus fragmentés du public (induits par les nouvelles technologies) à l'heure où l'on utilise quotidiennement non plus un mais quatre écrans.

De plus, et c'est une réelle révolution, les créateurs transmédia incluent le consommateur dans leur démarche. Le spectateur n'est plus seulement passif face à son écran, il devient acteur et joueur, peut interagir avec l'histoire, la modifier, la propager, etc.

Concrètement, comment ça marche?

Pour clarifier les choses, on pourrait dire que cette démarche créative s'applique de la manière suivante: on peut par exemple créer une première histoire sur le web sous forme de jeu participatif, puis avoir une série hebdomadaire à la TV et quotidienne sur le mobile (sur le mobile on trouvera par exemple des compléments à la série TV sur le passé des personnages) puis avoir une prolongation sur le web en faisant des appels à suite ou à suggestions pour la saison 2.
On voit que la créativité est décuplée et en même temps l'audience est maintenue et multipliée via les circulations ou renvois entre les médias.

 Un des premiers exemples de projet qui s'apprarente au concept transmédia est apparu aux États-Unis en 1999, avant même que le terme ne soit officialisé. Il s'agit de "The Matrix". Henry Jenkins explique que les éléments clés de l'univers Matrix ont été divulgués de manière éparse à travers plusieurs médias. Tout d'abord dans les trois grands films d'action diffusés au cinéma, mais aussi à travers une série de petits courts-métrage animés diffusés sur le net et en DVD, deux collections de bandes dessinées, ainsi que plusieurs jeux vidéos.

Il n'y a donc pas seulement eu une seule source permettant de connaître tous les détails de l'histoire mais bien plusieurs, sans pour autant que le spectateur/joueur/lecteur ne soit pénalisé s'il n'a pas eu accès aux autres médias.

Un nouveau moyen de toucher les masses (pour la bonne cause)

 S'il est évident qu'au-delà de son aspect créatif, l'un des buts principaux du transmédia est d'augmenter l'audience grâce aux plusieurs canaux via lesquels celle-ci à accès à une histoire, et donc faire rentrer plus d'argent, la manière dont se tisse la structure peut aussi s'appliquer à d'autres causes que celle d'une simple histoire à commercialiser. C'est le cas pour "l'activisme transmédia". Il est toujours très difficile pour des organisations sociales, sans but lucratif, de se faire entendre et de propager leurs idées par les voies de diffusion classiques. C'est d'ailleurs un défi quotidien pour ces groupes associatifs de mobiliser les foules. Cela leur demande des ressources et une expertise considérable pour sensibiliser un public et l'inciter à agir.Le transmédia apparaît ici comme un réel moyen de diffuser leurs idées grâce à une approche sur plusieurs supports, ce qui permet efficacement de rallier les gens à une cause et leur donner l'opportunité d'agir et surtout d'interagir.

Plusieurs organisations ont déjà utilisé cette démarche avec succès. C'est le cas pour le Human Rights Action Center, qui célèbre depuis plusieurs années la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et rassemble la population grâce à une variété impressionnante de moyens de communication: concerts, films, blogues, discours etc.

Il semblerait donc qu'il s'agisse ici d'une vraie innovation, qui s'accorde parfaitement avec son temps. Un concept qui ouvre les portes d'un tout nouvel univers où la complexité et la richesse des contenus, l'union improbable entre créateurs d'horizons différents, la pluralités des formes et des supports utilisés ainsi que l'interaction entre créateurs et consommateurs, promettent au transmédia de devenir un médium qui conciliera diversité, qualité et rentabilité.

 

Video explicative sur le transmédia

 

Voir aussi autres articles sur le sujet (en anglais) :

. Transmedia Storytelling: the Art of World Building

. Transmedia Activism


 

 

 

Commentaires
Ajouter un nouveau Rechercher
Herve C   |88.141.77.xxx |2010-12-22 12:19:15
J'ai du mal à voir la relation entre :"une approche sur plusieurs supports,
ce qui permet efficacement de rallier les gens à une cause"
et pourquoi
plusieurs supports permettraient de rallier des gens à une cause ...

et pour
ce qui est de la rentabilité ...

Sinon, l'idée du transmedia activism est
bonne, mais rien n'est automatique. Nous sommes dans une économie de
l'attention, il faut donc réussir à capter celle des spectateurs, et il y a de
la concurrence, beaucoup de concurrence
Ecrire un commentaire
Nom:
Email:
 
Titre:
BBCode:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img] 
 
 
Saisissez le code que vous voyez.

3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."

 
Web Design by MangoGem A Division of U.E.G.U.E.G. .Valid XHTML and CSS.