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Les cimetières virtuels : Le réseau social des disparus PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Maël Perdriolle   
Mercredi, 03 Novembre 2010 18:30
La Toussaint est l'occasion pour beaucoup de rendre hommage aux défunts. Mais parfois la distance ne facilitant pas les visites au cimetière, certains internautes ont décidé de dédier une page internet à leurs proches décédés. Aujourd'hui, les morts occupent une place sur des sites spécialement conçus pour eux. On parle de cimetière virtuels. Cette « tendance » est en pleine effervescence et semble plaire à beaucoup d'entre nous. Mais l'éthique des pratiques funéraires perd sa part de symbolisme. 

 

Ces sites internet, bâtis comme un facebook des disparus, sont spécialement dédiés aux morts .On peut en effet illustrer le défunt par sa photo, y déposer un commentaire, allumer une bougie ou encore acheter des fleurs qui sèchent au bout d'un certain temps, comme dans le monde réel. Invraisemblable ? Pourtant, l'idée semble faire son chemin. Ainsi, dans le même esprit de voyeurisme des réseaux sociaux, l'internaute peut, en quelques clics, s'initier dans des familles en deuil et contempler avec elles, le portrait du disparu, autrefois encadré et posé sur la commode du salon, aujourd'hui visible par tout le monde.  Sur le site de mémoire des vies par exemple, on trouve une mosaïque de photos de ces anciens vivants.  Parmi eux, la photo de Myriam (1) , cet  « ange perdue », décédée il y a quelques années, suivit du commentaire d'un proche :« tu nous as quitter et tu et toujours présente dans nos cœur. je n'est plus personne a me confié... »

L'immortalisation des morts

Derrière le développement de ces sites particuliers, une des motivations d'Eric faveau, le créateur de "mémoire des vies", est d'ordre démographique: "Le but est de contrer l'augmentation du nombre des crémations, et de créer de la place sur internet afin d'y développer des lieux de mémoires."

Il est évident que le rapport de nos sociétés avec la mort subit un lourd changement. Certes, ces sites peuvent éventuellement permettre, grâce au faible coût, une évolution des pratiques funéraires, mais c'est sans aucuns doutes, toute la dimension symbolique de l'hommage aux morts qui en prend un sacré coup. Internet se fait une place dans l'au-delà et immortalise les morts dans la foulée. Et ce n'est pas tant ça qui pourrait poser problème. La souffrance et la peine des proches, qui ont décidé eux mêmes d'éditer et de publier ces informations, se retrouvent ainsi figées dans les méandres du web. Ce qui forcément,n'arrange pas le deuil. Des échanges, autrefois chuchotés entre quelques membres de la famille du défunt, se retrouvent désormais immobilisés sur la toile, visibles pour longtemps et par tout le monde.

Internet devient ainsi de plus en plus un espace de deuil et de commémoration. Une sorte de sac à condoléances virtuelles. La vie après la mort sur internet, qui l'eut cru ?

Des cimetières virtuels pour les animaux

Évidemment,  l'idée ne s'arrête pas là. Les cimetières virtuels pour les stars de la scène, comme Kurt Cobain où Jimi Hendrix avaient déjà fait leur apparitions. Désormais, les cimetières pour les chiens, ou encore pour les chats, fleurissent à leurs tours sur la toile depuis ces dernières années.  Bref, il est possible aujourd'hui de se promener dans un cimetière virtuel pour y voir la web-tombe du roi de la pop à côté de Sami le petit caniche.à chacun sa commémoration virtuelle...

N’empêche que l’idée est assez bien reçue, voire même pas mal développée. À tel point que  certains cimetières virtuels comme le californien Respectance, ont  réussi à s’appâter quelques investisseurs qui ont grandement contribué au développement de leur site, et ce, pour une durée…éternelle !

Dans tous les cas, le besoin de se lier avec les morts est aujourd’hui cimenté dans nos espaces technologiques. Et ces sortes de réseaux sociaux, aussi étonnants soient-ils, témoignent de transformations de nos rituels les plus chers, au sein de nos sociétés modernes.

 (1) prénom inventé

Maël Perdriolle


source photo :  David Friedrich Caspar - Cimetière du cloitre en ruine sous le neige

http://masmoulin.blog.lemonde.fr/category/mes-essais/

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