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Une tempête dans un verre d’eau ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Annick Govaers, Perrine Pigeon   
Vendredi, 03 Décembre 2010 10:38

 

Les révélations de WikiLeaks déchaînent les passions : les tenants du complot s’opposent aux partisans de la transparence. Les informations de WikiLeaks sont-elles aussi secrètes qu’il n’y paraît ? Cette soi-disant catastrophe diplomatique ne pourrait bien être qu’un pétard mouillé …

Un vent glacial souffle sur la diplomatie mondiale. Au total, des centaines de milliers de télégrammes, présentés comme secrets, ont été mis au jour par WikiLeaks. Mais ces révélations en sont-elles vraiment ? Selon les experts rencontrés, les informations divulguées seraient en réalité déjà connues de tous ! « Ces notes étaient déclassifiées, donc facilement accessibles par tous », affirme Michel Hermans, politologue spécialisé dans la communication et la mondialisation, à l’Université de Liège. Jean-Louis Six, expert des relations internationales à l’ULB, confirme : « Il n’y a, jusque là, aucun contenu révolutionnaire, aucune grande surprise ! Les traits de caractère de certains chefs d’État ou de Gouvernement sont connus de tous, tout comme les accords nucléaires tacites entre l’Iran et la Corée ». Pas de quoi mettre à mal la courtoisie entre états ! Quoique … Si le contenu de ces révélations devait un jour s’avérer d’une tout autre nature, les rapports entre certains dirigeants pourraient bien se tendre, voire se compliquer fortement. 


Des conséquences tout de même

  • Un drôle de climat professionnel pour les diplomates 

Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, prône la transparence totale. Un faux exercice, selon Jean-Louis Six. Pour lui, non seulement ces informations n’apportent aucune valeur ajoutée, mais elles iraient même à l’encontre de la démocratie.

Ecoutez-le, au téléphone depuis Londres.

Comme le souligne Jean-Louis Six, ces révélations, même relatives, peuvent avoir des conséquences fâcheuses sur le travail des diplomates. Bien sûr, les relations entre ceux qui se sont mutuellement critiqués risquent d’être tendues à l’avenir. Mais le bât blesse surtout quant à leurs futures conditions de travail. On l’oublie souvent, la fonction d’un diplomate consiste en grande partie à informer les autorités de son pays de ce qu’il vit et pense.  « Ce sont des communications personnelles, privées, qu’il faut respecter. Si la confidentialité n’est plus garantie, les ambassadeurs pourraient se méfier et se limiter à des banalités. Cela compliquerait leur travail. Un certain degré de confidentialité est donc nécessaire », souligne Jean-Louis Six.

Nous avons d’ailleurs tenté d’interviewer des diplomates à ce sujet. Mais aucun n’a accepté de nous répondre, considérant le sujet trop délicat en ce moment.
 

  • Une ombre sur la sécurité militaire belge 

Certaines informations diffusées par WikiLeaks pourraient mettre en péril la sûreté interne et externe du pays, comme l’explique Daniel De Weerdt, porte-parole du ministre de la Défense nationale, Pieter De Crem:

La sécurité des militaires sur le terrain pourrait donc être menacée par ces révélations. Et plus particulièrement, celle des soldats belges basés en Afghanistan. « WikiLeaks n’a pas révélé de grands secrets mais plutôt des procédures  militaires. Même si ce sont des détails, ça représente un danger au niveau de la sécurité sur le terrain. Nous ne pouvons pas nous permettre que de telles choses soient dévoilées. Ce sont des tactiques que nous aurions pu réutiliser et qu’on devra par conséquent changer. Maintenant, il est préférable que ces stratégies appartiennent au passé et non au futur. Si tel était le cas, nous aurions vraiment de gros problèmes de sécurité », confie le porte-parole de la Défense.

  • Un contexte politique tendu  

Pour Jacques Benillouche, correspondant en Israël pour le site d’information Slate.fr, WikiLeaks ne fait que confirmer ce qu’il savait déjà via ses réseaux d’informateurs. Son avis est partagé : « Ces révélations sont une bonne chose dans la mesure où elles informent le citoyen lambda de ce qu’il se passe réellement. Mais selon moi, ce n’est pas conseillé de mettre à la disposition du grand public tout cet ensemble d’informations. Si celles-ci ne sont pas lues avec précaution, technicité et expérience, elles pourraient être mal interprétées. Je pense que certains documents ne sont tout simplement pas à mettre dans les mains de tout le monde. Il s’agit d’être conscient que nous ne devons ni gêner ni entraver la politique d’un pays. Nous devons laisser aux politiques le soin de prendre des mesures adéquates. » Jacques Benillouche va plus loin et considère que WikiLeaks pourrait menacer les relations inter-étatiques, en créant un climat de suspicion.

Ecoutez-le depuis Israël.

Ces informations déjà connues méritaient-elles une nouvelle médiatisation, voire un tel coup de publicité ?   « La seule nouveauté de WikiLeaks est d’avoir regroupé ces pseudo-fuites. A nouveau sous les projecteurs, ces affaires provoquent de nouvelles réactions négatives au sein des populations. Cela crée un climat politique négatif, alors forcément les dirigeants ne sont pas contents ! », lance Michel Hermans, politologue à l’ULg.

La théorie du complot

 Différentes théories courent sur la réelle origine des révélations. Pour Jacques Benillouche, journaliste de terrain en Israël,  il est impossible que la tempête WikiLeaks soit l’œuvre d’un seul homme. Il nous explique trois hypothèses de complot possibles. « Je pense d’abord aux anti-Obama. Ils pourraient avoir alimenté WikiLeaks pour prouver que Barack Obama n’a pas de capacité de décision, qu’il est faible et incapable de montrer la puissance américaine. Ensuite, cela pourrait être l’œuvre des pro-Obama. Puisque les documents datent de l’époque de Georges Bush, ce serait une manière de dénigrer les Républicains dans leur façon de gérer à la fois les problèmes en Iran et en Afghanistan. Et la troisième option : ce serait les Israéliens, eux-mêmes, qui auraient diffusé ces informations, très gentilles vis-à-vis d’Israël … »

Pourquoi un ami de toujours chercherait-il à déstabiliser le géant américain ? Jacques Benillouche, répond franchement: pour redevenir l'unique allié des États-Unis. 

 

Tout révéler, la transparence à tout prix, voilà qui est dans l’air du temps. Mais toute vérité est-elle toujours bonne à dire ? Si WikiLeaks parvenait à obtenir des documents réellement secrets, la sécurité et les relations internationales pourraient être menacées. En attendant, le site de Julian Assange n’apporte ni nouveauté ni clé de compréhension au public. Donner pour donner … Quel intérêt ? 

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