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Rencontre avec Olivier Bogaert, en charge des Nouvelles Technologies au sein de la Police Judiciaire PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Gautier Piatek   
Mercredi, 09 Février 2011 11:39

olivier bogaertLe 8 février est la journée internationale de la sécurité sur internet : Safer Internet Day. Pour cette 8ème édition, plus de 500 évènements auront lieu en Europe. Cette année l'accent est mis sur les jeunes, notamment sur leur utilisation des GSM et des réseaux sociaux, comme le dit leur slogan : « Plus qu'un jeu, c'est votre vie ». Nous sommes allés interviewer Olivier Bogaert sur les structures existantes pour contrer la cybercriminalité. 

Pour lutter contre la cybercriminalité, il y a notamment sur la Federal Computer Criminal Unit, l'unité spécifique qui est chargée de résoudre tous les crimes liés à internet. Et il sont nombreux, arnaques, sites défacés, vol de données, usurpation d'identité, pédophilie …

Comment la FCCU fonctionne-t-elle ?

La FCCU est composée de quatre sections, il y a :

-La Recherche de fraudes : Via le site E-Cops, une permanence est assurée où on peut signaler une fraude numérique.

--Les Opérations : ce sont les dossiers gérés par les Office centraux, comme le grand banditisme, et qu'il est nécessaire d'utiliser des connaissances informatiques.

-L'Intelligence : La recherche dans le domaine numérique, la propriété intellectuelle


-
La Gestion, qui comprend la formation, la définition des méthodes et l'achat de matériel.

Le champ d'action est entre la criminalité classique où il apporte son soutien ou dans des affaires uniquement liés aux réseaux et à l'informatique.


Olivier Bogaert explique que le matériel informatique est renouvelé chaque année mais est composé par défaut,  "d'un ordinateur portable et de 3 tours d'ordinateurs pour travailler". Un matériel qui ressert plus tard pour par exemple faire des copies : "on ne peut pas travailler sur des supports originaux, lorsque des ordinateurs ou des CD sont saisis, donc on fait 2 copies : une copie technico-légale et une copie de travail sur laquelle on peut investiguer, ainsi si des éléments sont découverts sur un support on comparera via une contre-expertise avec l'original".
Même s'il s'agit d'un disque dur formaté, cette unité est en mesure de pouvoir récupérer le contenu  de ce disque. Olivier Bogaert précise que chaque agent du FCCU a reçu une formation de base, elle tient en 2 modules : "investigation numérique et un module internet : cela permet d'avoir un brevet,  qui permet de démontrer les compétences de l'enquêteur, sinon, sans ce brevet, il ne peut pas valider sa preuve numérique auprès du collège des procureurs généraux". Bien entendu de plus en plus d'enquêteurs accèdent à cette fonction parce qu'il ont déjà un diplôme en informatique. Mais, cette formation n'est pas suffisante : "les enquêteurs sont en échange permanent, ils s'échangent des astuces, des expériences".

Une spécificité de ce métier, est que c'est un "travail individualiste", les enquêteurs restent généralement toute la journée devant leur ordinateur, afin d'avancer sur leurs analyses. Même s'ils peuvent être appelés en renfort sur des enquêtes dites classiques.

Quels cas récents ?

Quand on lui demande quelles sont les cas récents de cybercriminalité, Olivier Bogaert explique que les dernières arnaques viennent principalement de la Côte d'Ivoire, tels les faux gains aux loteries Microsoft, ou encore les fausses ventes d'appartements ou de voitures : "Exemple typique, l'internaute reçoit un mail avec comme contenu : votre voiture m'intéresse, je suis résident européen, je vis à l'étranger, à partir de ce moment, l'arnaqueur demande d'envoyer de l'argent afin de payer des faux frais de dossier, et c'est l'engrenage … un autre type d'arnaque c'est quand une personne qui cherche une voiture voit une annonce, et la personne lui explique qu'il est diplomate et qu'il vivait à Londres mais comme le volant est à droite il ne peut pas circuler avec en dehors de l'Angleterre, et à partir de  là il réclame des sommes à envoyer sur un compte en banque à Abidjan via la banque Wester Union ...". Des arnaques qui fonctionnent plus souvent qu'on ne le croit. Malheureusement, les plaintes déposées contre ces pièges restent souvent lettres mortes : la Belgique n'a pas de convention d'entraide juridique avec la Côte d'Ivoire. Et la cible idéale pour ce genre d'arnaques c'est les personnes âgées : "les nouveaux pensionnés, qui savent utiliser l'outil informatique, ils sont familiarisés avec puisqu'ils l'utilisaient au travail mais ils ne prennent pas les précautions nécessaires sur internet".

Il y a également un groupe de hackers qui sévit en ce moment sur la Belgique, et qui déface de nombreux sites (il change la page d'accueil du site web), il a par exemple défacé le site du gouvernement wallon. Il se nomme MOH. Pour l'instant les cybercriminels courent toujours.

 Le site du gouvernement wallon piraté

Comment s'en prévenir ?

Le Safer Internet Day, vise principalement les jeunes, qui sont une cible privilégiée sur le net. Avec des conférences, des activités comme le Safer Internet Day, cela permet de les sensibiliser face aux réseaux sociaux. "Personne ne lit les conditions générales d'utilisation, mais il faut savoir que tout ce que l'on publie sur Facebook leur appartient, il faut sensibiliser les jeunes sur leur exposition sur internet, c'est susceptible de se retourner contre eux. Un autre exemple tout simple, c'est les personnes qui disent bon je pars en vacances, je suis dans l'avion dans 2 heures : autant dire je ne suis pas chez moi, venez me cambrioler".
Olivier Bogaert réalise donc des conférences où il donne des exemples de risques rencontrés sur internet et comment les éviter. Mais il est également chroniqueur sur Classic 21 dans l'émission Surfons Tranquille, où il prodigue des conseils de sécurité à respecter quand on surfe sur la Toile.

Et pour le futur ?

"L'évolution d'internet va se faire de manière relativement naturelle, la loi belge sur la cybercriminalité a connu un grand changement il y a dix ans, et elle permet au magistrats d'avoir beaucoup plus d'outils pour la contrer. Des nouveaux articles ont été créés dans le code pénal afin de définir des peines pour des pénétration frauduleuses dans des systèmes informatiques par exemple. On est à la pointe en terme de législation". On est en droit de se demander avec toutes ces lois, si internet n'est pas en train de perdre la liberté qui le caractérise. Olivier Bogaert se veut rassurant : "On ne va pas vers un flicage, pour que le modèle d'internet ne soit pas perverti, et ne fasse peur à la population, on va aller vers une évolution des mentalités où les gens accepteront l'identification pour avoir accès à internet". Concrètement cela pourrait ressembler à un lecteur de carte d'identité relié à l'ordinateur qui autoriserait le surf sur internet, et permettrait de savoir qui est en train de butiner sur la Toile, si une activité illicite est exercée. Pas réellement Big Brother donc : "Toute l'identité ne serait pas révélée, juste une petite partie chiffrée. C'est comme le code de la route, on pourrait critiquer le fait d'être flashé en excès de vitesse en voiture, ici, c'est la même chose, c'est comme un permis de surfer. De plus en plus, dans les écoles, on aborde à l'école les problèmes de respect de la vie privée, du droit à la citation … La nouvelle génération va acquérir des notions de citoyenneté virtuelle". Pour résumer, puisqu'on est toujours responsable des propos que l'on tient sur internet, il faut accepter d'être protégé mais il faut aussi reconnaitre les droits et le respect des règles inhérentes à sa participation sur le net (les blogs, les wiki, les forums, ...).

Pour en savoir plus :

Surfons tranquille
Surfons tranquille ! - Astuces pour bien profiter de la Toile d'Olivier Bogaert, ed. Racine


Surfons Tranquille sur Classic 21 le mardi à 7h45 et le samedi à 13h40.

Le site de la FCCU.

 

 

 

 

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X  - La jolie coquille dans le titre   |109.128.74.xxx |2011-02-10 05:13:47
Judicière, ou plutôt judiciaire.
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