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"La RTBF donne un nouveau ton informatif" PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Gaëtan Gras   
Vendredi, 25 Mars 2011 18:13

Ce lundi 21 mars sonnait l’arrivée du printemps mais également un nouveau rendez-vous d'information de la RTBF sur la Deux : le "15 minutes».

Le concept est simple : présenté en duo par Ophélie Fontana et Jonathan Bradfer, ce nouveau journal télévisé se veut rythmé, dynamique, concis. Il présente en 15 minutes les derniers évènements avec un angle différent, voire impertinent mais surtout pas décalé !
Les premiers chiffres d'audience des nouveaux JT de la RTBF (13 h, 19 h et 19 h 30) sont plutôt bons. On avance même le chiffre de 216.000 téléspectateurs pour le premier soir.
Apres une semaine de diffusion du nouveau « 15 minutes » de la RTBF, il est temps de dresser un premier constat, un premier bilan. Nous avons donc rencontré Jonathan Bradfer dans les locaux de la chaîne du service public. Ce journaliste, qui travaille dans la maison RTBF depuis plus de 10 ans, a accepté de répondre à nos questions. Des questions qui auront trait au nouveau JT et à la nouvelle politique informative de la RTBF.


Rédaction : Tout d’abord, quelle en est sa bonne recette ? Et en quoi se différencie-t-il du JT de 19h30 ?

Sa bonne recette, c’est de donner toute l’actualité en un quart d’heure ! Donc, dynamique ! De ressortir dans chacun des sujets de l’actualité l’image forte, la phrase forte, le thème à retenir ! Dans les JT classiques, tout est emballé et bien emballé. Dans des sujets explicatifs, avec des exemples mais dans la génération actuelle, la société va vite et il y a des tas de personnes qui désirent avoir l’actualité en bref, ce qui s’est passé d’essentiel. Et on leur donne.
Mais il s’agit également de donner envie à ceux qui ont envie d’une actualité plus développer d’aller dans le 19h30 où ils retrouveront de l’information avec de plus amples informations, de vrais explications, des vraies analyses, des avis d’experts ou encore des interviews plus longues, des invités. Donc une déclinaison de l’actualité plus poussée. Voilà nous c’est l’essentiel et le 19h30 c’est l’analyse.

Ce nouveau JT, que vous présentez en duo avec Ophélie Fontana, met aussi en scène un nouveau tandem. Celui de Nicolas Gillard et de Delphine Simon. Comment vous distribuez-vous le travail ?

Ca se passe de manière naturelle, un peu comme dans un couple à la maison. C’est une tache que l’on doit faire à deux et chacun y travaille ardemment. Chacun travaille à la tâche et tire dans la même direction et c’est assez agréable. En plus on est tout le temps ensemble ! Et quand on ne l’est pas, on s’appelle. Il y a un système de rotation entre les tandems. C’est Ophélie Fontana et moi pendant quatre semaines et ensuite, c’est Delphine Simon et Nicolas Gillard pour une semaine. Il s’agit de fidéliser les téléspectateurs. Il faut avoir son JT et son ou ses présentateurs. C’est le même système que François De Brigode et son « 19h30 ». On a habitué le public à sa présentation. De plus, les horaires sont très soutenus. Quand on présente le 15 minutes, on travaille de 8h du matin à 20h du soir ! Ce système de rotation nous permettra d’avoir du temps libre, de souffler un peu.

Du coup, avec ce "15minutes" vous ne pourrez plus réaliser de reportages pour le 19h30. Ca ne vous manquera pas ?

Pas encore. Là on est dans un truc très excitant, qui nous prend beaucoup de temps. Ca fait une semaine qu’on ne pense qu’à ça. Matins, midis, soirs et nuits presque ! Et donc non ! Même si c’est vrai que le côté terrain est quelque chose de très riche et de très agréable dans notre métier, quand on postule et qu’on passe des interviews pour un poste, on sait à quoi s’attendre.


Une partie du « 15 minutes » est consacrée à l’information en Flandre. Ce mardi 22 mars, le quotidien « le Soir »  s’est adressé en néerlandais à la Flandre avec cinq de ses pages, dont la « Une », entièrement traduite. Est-ce une nouvelle tendance dans les médias francophones ?

Non. Je pense que ce phénomène n’est pas neuf. Il s’inscrit dans une continuité. Il y a quelques années, Johanne Montey, qui est le chef de la rédaction politique ici, était titulaire de la rubrique « Vu de Flandre » dans les JT. C’est exactement ce que nous faisons aussi. Je pense qu’il ne faut pas perdre de vue le fait que la RTBF, en tant que service publique, se doit de montrer aussi l’information du nord du pays. Il y a des éléments qui sont traités en long et en large chez nous et pas en Flandre. Parfois l’inverse. Des éléments que, nous, on juge mineurs et qui sont traités par les médias néerlandophones. Je pense qu’il est intéressant d’ouvrir cette petite fenêtre. C’est pas énorme, c’est 1min45- 2min sur un petit JT et on ne le fait plus vraiment dans le « 19h30 » donc pourquoi pas dans le « 15 minutes », pourquoi pas avoir cette petite spécificité, ce regard différent. C’est marrant parce que cette séquence a l’air de pas mal marcher. De plus, la collaboration avec nos voisins de la VRT a toujours été excellente. La VRT est vraiment dans nos murs, il n’y a qu’un couloir qui nous sépare et sur le terrain, l’entraide est complète aussi. Service public oblige ;) on échange beaucoup, toujours…et cela facilite la tâche.

Il y a un nouveau JT, mais également un nouveau studio ! Qu’apporte-t-il de neuf ?

Je crois qu’il donne toute une autre saveur à l’information. Avant, quand on « zappait » entre le studio de la RTBF et celui de France 2 ou TF1, on avait toujours un petit haut-le-cœur en remarquant cette énorme différence. Maintenant, la RTBF est rentré dans l’ère moderne. Toutes les techniques de mises en image d’un sujet ou d’une information sont utilisées. Le studio est beau, bien éclairé. Je pense que ça ne peut rendre l’information que plus compréhensible. C’est un détail cosmétique mais la télévision maintenant, c’est ça ! C’est du visuel et ici, c’est au service de l’information. On n’en a pas fait trop non plus. On n’est pas dans quelque chose de criard ou de spectaculaire. On est dans quelque chose qui rend service à l’information.

Deux nouvelles séquences donc à la RTBF récemment : « on n’est pas pigeons » et le « 15 minutes ». Cela traduit-il une volonté de changement de la part de la direction ?

Oui je pense que il y avait à la RTBF quelque chose de pas très clair. Il y avait des rendez-vous d’information mais on ne savait pas vraiment ce qu’on allait y trouver. Entre « Au quotidien » et le « 13heures », entre le « 19h 30 » et le « 6minutes ». C’était un peu flou. Le « 12 minutes », lui, avait trouvé directement son identité parce qu’on disait aux gens très clairement ce qu’ils allaient y voir. Et donc, c’est un bon enseignement que de savoir identifier vraiment les rendez-vous. Désormais, le « 13h », c’est le rendez-vous plus régional, plus populaire, c’est savoir ce qu’il arrivé près de chez vous. Nous, on l’a dit et le « 19h », c’est l’analyse. Enfin, « on n’est pas pigeons » renseignent les gens afin qu’ils consomment mieux dans notre monde de brutes. (Rires)…il s’agit donc d’une volonté de lisibilité avant tout !

S’agit-il aussi d’un repositionnement de la part de RTBF qui se veut moins nationale ?

Oui, mais on a toujours essayé. Il y a des années, il y avait le « bus des régions » ou « région soir ». Il ne faut pas qu’on oublie d’être proche des gens. C’est loin d’être dénigrant pour un journaliste d’être proche des gens. Il n’y a pas que l’actualité du bout du monde, diplomatique, internationale et économique. Non ! Quand t’es chez toi, dans ton fauteuil, t’as aussi envie de savoir ce qui s’est passé près de chez toi. Et qu’est ce qui, dans l’actualité mondiale, te touche toi, dans ton portefeuille, dans ta vie. C’est vrai que parfois, à la RTBF, on a peu oublié de rapprocher l’information des gens. Donc, c’est ce que nous tentons désormais de faire.

La question qui dérange! Est-ce que ce nouveau JT est aussi présent pour « grappiller » de l’audience à votre concurrent direct, RTL-TVI ?

Et bien, on ne va pas dire non (rire). Quand on bosse comme on le fait pour le moment et qu’on donne autant d’énergie et que la maison dépense autant d’argent (et on en a pas beaucoup), c’est pas non plus pour dire : bon on a fait quelque chose de chouette, mais personne ne regarde ! Cette semaine, les gens sont venus, ils ont regardé la « Deux ». Sans doute aussi avec l’effet de curiosité. Donc oui et non ! Non, parce qu’on est là comme service publique et qu’on est là pour bien faire notre travail et se dire qu’on a informé les gens pour le mieux. Et oui parce qu’on a la prétention de croire qu’on fait les bons choix pour donner une information et on a envie qu’elle soit regardée de plus en plus. Rien de plus normal.

Justement en parlant d’audience. N’avez-vous pas peur que ce nouveau JT prive le « 19h30 » de certains auditeurs, qui se cantonneraient au « 15 minutes » ?

Le pari qui a été fait, c’est que le « 15 minutes » s’adresse vraiment à un autre type de personnes. Des personnes qui en avaient marre des JT traditionnels de 30, 40 minutes avec un enchaînement de sujets et les longueurs qui vont avec. Et on a l’impression que ces gens là ne regardaient plus vraiment la télévision, en tout cas le « News ». On a envie d’aller chercher un public plus jeune, dynamique, qui veut une information courte. On a donc l’impression que ce sont deux publics différents. C’est pour ça qu’on a deux rendez-vous qui pour l’instant dans les audiences, même si ce n’est que 4 jours,  cartonnent chacun de leurs côtés. On ne va rien prendre au JT de 19h30. D’ailleurs, le « 19h30 » est encore meilleur qu’avant au niveau chiffré.

Une bonne audience, donc, pour les « 15 minutes » de cette semaine. Et pourtant, les critiques vont déjà bon train. Certains s’interrogent déjà quant à son succès sur la longueur. Qu’en pensez-vous ?

C’est évident qu’il y a l’effet de curiosité qui joue. On est content de voir les chiffres. Parce que si on avait eu 20.000 personnes, on se serait dit : quelle catastrophe ! Donc on va tout simplement pas se plaindre. Il y a eu une grosse campagne de promotion. C’est la nouveauté de la RTBF. On en a beaucoup parlé dans les médias. C’est chouette, c’est encourageant mais il y a cet effet de curiosité. Mais en même temps, ce qui est intéressant, c’est qu’on a des échos positifs de gens qui affirment que ce JT répond à une demande. Ce qui est clair, c’est que l’audience va sans doute baissée. Cet effet de curiosité va passer mais le but, c’est qu’elle ne baisse pas trop et que l’on ait une base de fidèles. Une base que l’on va faire évoluer en analysant nos faiblesses et améliorant la qualité de nos JT.

Dernière question : après une semaine de ce nouveau JT… Est-ce un pari gagné pour la RTBF ?

On ne peut pas encore dire ça même si la première semaine fut à la hauteur de nos attentes. Je touche du bois. On n’a pas eu de soucis techniques et on est bien en phase par rapport au projet qu’on avait mis sur la table. Maintenant, ça ne fait que commencer et il y a encore un énorme boulot de mise en place et d’amélioration quotidienne. Parce que il y a encore mille défauts que vous ne voyez peut-être pas, mais nous, on les voit ! (Rires).

 

source photo: http://soirmag.lesoir.be/actualite/TVNews/2009-10-12/jonathan-bradfer-jt-13h-rtbf-732068.shtml

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