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"Avorter à 20 ans. Décision intime"

Suite du cycle "Sex and the University", organisé par le centre de planning familial Aimer à l'ULB. Ce mardi 3 mai, c'est le droit à l'interruption volontaire de grossesse qui est mis en avant, avec la projection du film "If These Walls Could Talk" et les témoignages d'anciens et actuels médecins, accueillants et animateurs d'Aimer à l'ULB, pionnière dans la lutte pour le droit à l'avortement. L'événement aura lieu dans la Salle Dupréel. Plus d'infos.

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Un "très, très vieux" à l’ULB ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Aurélien Alotaux   
Mercredi, 27 Avril 2011 17:04
La venue d'un nonagénaire à l'Université Libre de Bruxelles (ULB) peut sembler ringarde, mais quand ce dernier se nomme Stéphane Hessel, cela a de la gueule. En effet, quand on vend un ouvrage d'à peine trente pages, "Indignez-vous !", à plus d'un 1,5 million d'exemplaires et que l'on a participé à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, on se dit qu'il doit en avoir des choses à raconter. Rendez-vous est pris le 11 mai à l'auditoire Janson, sur le Campus Solbosch.

On le voit partout mais comment s’en plaindre ? A 93 ans, Stéphane Hessel, à l’instar de ces anciens comme le sociologue Edgar Morin, a des choses à dire. L’ancien résistant qui se considère "très, très, très, très vieux" reste un combattant. Et lorsqu’il voyage, c’est pour défendre ses idées.

Le mercredi 11 mai à 20h, c’est ce qu’il fera à l’auditoire Janson sur le Campus Solbosch de l’ULB. Cet événement organisé par le Centre d'Action Laïque (CAL) en partenariat avec l’ULB et l’Union des Anciens Etudiants (UAE) sera l’occasion d’écouter Stéphane Hessel parler de ses engagements, de ses luttes et de ses espoirs.

Mais l’idée principale qui guide la mise en place de cet événement est, pour le CAL, de mettre en avant la Déclaration des Droits de l’Homme. Un sujet fortement en lien avec cet humaniste qui prit part, en 1948, à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme aux Nations unies.

Mais nul doute, que cet homme dont la vie ressemble à un roman ne se privera pas pour aborder certaines de ses indignations mais aussi la nécessité de s'engager. Comme il l’a fait dans son ouvrage "Indignez-vous !" (éditions Indigène) au succès énorme où il cite l’écart croissant entre les riches et les pauvres, les Droits de l’Homme qu’il faut continuer de promouvoir, le sort de la Palestine ou encore l’état de la planète. Mais aussi à travers son récent essai "Engagez-vous !" (éditions de L'Aube) co-signé avec un jeune militant écologiste, Gilles Vanderpooten. Et bien que les propos de Stéphane Hessel apparaissent comme des évidences, il demeure nécessaire de rappeler certaines choses. Et qui mieux que lui peut le faire ?

Résistant de la première heure

Pour l'histoire, Stéphane Hessel est né en 1917 à Berlin. Il débarque à l'âge de sept ans à Paris. Jeune, il se montre déjà impliqué politiquement : "Mon origine allemande à beaucoup joué : la montée du nazisme, et avant cela la montée du fascisme, étaient des horreurs auxquelles j'étais particulièrement attentif". Il devient français en 1937, "un moment important de (sa) vie".

Peu de temps après, la Seconde Guerre mondiale éclate. Il est alors étudiant à l'Ecole normale supérieure et, en bon normalien qu'il est, il part suivre une formation d'officier à l'école de Saint-Maixent. Très vite, il est appelé à combattre. "Envoyé en Sarre, je suis à la tête d'une petite section qui ne résiste pas à l'avancée de l'armée allemande et je me retrouve prisonnier".

Prisonnier, Stéphane Hessel ne l'est pas longtemps. Il parvient en effet à s'évader. En 1941, il décide de rejoindre le Général de Gaulle à Londres car "il affirme que la guerre n'est pas terminée et que nous pouvons encore la gagner". Le jeune homme devient alors un résistant.

En 1944, il rentre clandestinement en France pour une mission d'espionnage. Mais il est arrêté. Suivront la torture et la déportation dans les camps de concentration nazis de Buchenwald et de Dora. "Que j'ai pu survivre a été pour moi inespéré". Et comment dire le contraire quand à Buchenwald, par exemple, pour échapper à la pendaison qui l’attend, il prend l’identité d’un autre français qui meurt du typhus à l’infirmerie du camp. Il rejoint Paris en mai 1945. Il a 27 ans.

La guerre finie, il décide de se lancer dans la voie diplomatique. "L'expérience de la guerre m'a amené à souhaiter être plus engagé dans l'action, et notamment dans l'action diplomatique". Il rencontre alors Henri Laugier, le premier Secrétaire général adjoint des Nations unies. Il devient son Chef de cabinet. Le résistant participe, avec d'autres, à l'élaboration de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. "Ce texte est le premier au monde qui ait comme objectif ''universel''. Quel culot nous avions !"

Stéphane Hessel poursuivra sa carrière diplomatique jusqu'en 1985, enchaînant les fonctions : Conseiller du Haut-commissaire de France à Saigon (1955-1956) ; Chef du service de coopération technique à la Direction générale des affaires culturelles et techniques (1957-59), Directeur de la coopération avec la communauté et l'étranger au ministère de l'Education nationale (1959-64), Conseiller des Affaires étrangères de première classe, Détaché au Secrétariat d'Etat aux Affaires algériennes à Alger (1964-68), etc. Jusqu'à être élevé en 1981 à la dignité d'Ambassadeur de France par François Mitterrand.

Un homme de gauche

Pour autant, le diplomate n'oublie pas l'engagement politique. Toujours à gauche, même s'il regrette que "ceux de gauche (…) sont trop souvent divisés entre ceux qui veulent la révolution et ceux qui veulent une paisible réforme". Il a d'abord soutenu Pierre Mendès France qui "disposait d'un énorme autorité naturelle, il disait clairement ce qu'il avait à dire". Puis le Parti Socialiste de François Mitterrand. Et plus récemment, en devenant, à l'âge de 91 ans, candidat sur une liste Europe Ecologie aux élections régionales. L'écologie qu'il considère comme essentielle mais qu'il avoue ne pas avoir "pensé suffisamment".

Retraité depuis 1985, l'emploi du temps de cet amoureux de poésie n'en est donc pas moins demeuré rempli. Ces années sont pour lui l'occasion de poursuivre le combat à travers de multiples actions pour l'intégration, la coopération, les droits de l'homme et la résistance. Comme, pour en souligner une, en février 2008, il fustige le non-respect de l'article 25 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme par le Gouvernement Fillon-Sarkozy dans le dossier des Sans-logis.

Ses deux récents ouvrages, "Indignez-vous !" et "Engagez-vous !", en sont aussi un exemple. De même que sa toute fraîche nomination pour le prix Nobel de la paix.

En attendant, l'occasion est belle de rencontrer ce "papi qui fait de la résistance", pour qui les nombreuses sollicitations auxquelles il a droit ne sont pas, selon lui, "particulièrement méritées. Je n'ai rien fait, je n'ai jamais dirigé un gouvernement, je n'ai même pas été à la tête d'un parti. Je me suis contenté d'acquérir une certaine expérience que je suis heureux de partager".

 

Les citations sont extraites de l'entretien de Stéphane Hessel, "Il faut être heureux parce que le bonheur est contagieux", paru dans le numéro 11 du magazine XXI.

Source photo : tulcea.einformatii.ro

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