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La Libre - Le Soir : une perception différente ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Denis Watteyne   
Vendredi, 29 Avril 2011 16:00

 

L'interview que Roger Vangheluwe a accordée à la chaîne flamande VT4 a trouvé un large écho dans la presse belge. Chaque quotidien a relaté et tenté de décrypter la surprenante "sortie médiatique" du prêtre pédophile. C'est le cas du journal Le Soir et La Libre qui ont couvert l'événement selon leurs propres sensibilités. Les deux caricaturistes attitrés de ces deux rédactions nous livrent leurs perceptions.

La Libre est-elle un journal à tendance catholique ? Le Soir aime-t-il cracher sur l'Eglise ? Malgré l'histoire des deux quotidiens de référence belges, leur coller une étiquette se révèle plus complexe aujourd'hui. Penchons-nous sur l'affaire Vangheluwe et les réactions qui ont suivi son interview accordée à VT4 dans laquelle il minimisait ses actes pédophiles vis-à-vis de deux de ses neveux.

Que ce soit du côté de La Libre ou du Soir, l'écœurement était le même. Les deux éditos du week-end du 16 et 17 avril décryptaient assez amèrement les propos de l'ancien évêque. Chaque article soulignait le mutisme de l'Eglise, peut-être avec un peu plus de piquant du côté du Soir qui se lâche sur la confession : "des hommes d'Eglise savaient ; ont-ils laissé faire, au mépris des enfants ?" La Libre aborde ce problème, mais par l'intermédiaire d'une interview de la député Marghem (MR) : "c'est totalement infantile. Je fais un pêché, je vais me confesser. C'est comme si je n'avais rien fait !"

Une différence notable avec son concurrent, c'est l'interview de Monseigneur Guy Harpigny qui prend bien soin de rappeler dans les colonnes de la Libre que "Vangheluwe met à mal un an d'efforts de l'Eglise belge qui s'est efforcée de faire avancer les dossiers et de contacter la justice pour que toute la clarté soit faite", une façon d’éviter l’amalgame entre Vangheluwe et l’Eglise. 

Ceci ne constitue qu'une impression. Comparer le traitement d'un tel sujet par deux journaux d'orientations différentes constitue en soi un sujet de thèse. Tournons-nous alors vers les caricaturistes de ces quotidiens.

"IL Y A UNE FRILOSITÉ A LA LIBRE"

Cécile Bertrand dessine pour La Libre depuis 2005. Elle nous confie trouver "une frilosité" du journal vis-à-vis de son travail : "le dernier dessin refusé concernait justement l'affaire Vangheluwe. La justification de ce refus serait "qu'on en fait trop sur le sujet". Personnellement, je ne sais pas si c'est pour cela ou à cause du dessin en lui-même. Le dessin fait souvent plus d'effets qu'un article. Donc quand il y en a trop, ca commence à déranger..."

 "JE PEUX CHOQUER LES CONVICTIONS"

Pierre Kroll, caricaturiste au journal Le Soir savoure la liberté qu'on lui laisse : "je suis parfois surpris que mes dessins soient publiés, j'ai la chance de travailler dans un journal où je peux choquer les convictions", avant de préciser, "quelques fois, je m'autocensure. Par exemple lorsque Roger Vangheluwe a déclaré qu'il n'était pas pédophile, j'aurais pu dessiner un enfant dans une position un peu osée qui dit que ce n'est pas son impression..." Si l'on s'amuse à comparer les dessins publiés dans les deux quotidiens lors du week-end qui suivi l’interview, on remarquera quand même une certaine retenue du côté de La Libre.

 

"ÉTONNER ET FAIRE RÉFLÉCHIR"

Bien entendu chaque dessinateur possède son propre style. Néanmoins leurs buts restent identiques : "étonner et faire réfléchir". On vous laisse évaluer laquelle de ces deux illustrations est la plus efficace...

Pourtant Cécile Bertrand insiste sur le fait "qu'elle retrouve souvent dans les articles de La Libre ce qu'elle désirait faire passer dans ses dessins. Les images sont regardées en premier, elles ont la plupart du temps une meilleure visibilité que les articles", tente d'expliquer la peintre reconvertie en caricaturiste.

« IL EST TOUJOURS DE BON TON DE S’ATTAQUER À L’EGLISE »

La pédophilie reste un sujet très particulier, d'autant plus si l'Eglise est concernée. Pierre Kroll note une évolution dans le traitement de ces faits : "du temps de l'affaire Dutroux, il y avait de la retenue de la part des caricaturistes, de l'autocensure. Le sort des victimes était vraiment identifié. Aujourd'hui, il y a vraiment une profusion de dessins à ce sujet. Ici c'est un défoulement dans un registre un peu imposé : il est toujours de bon ton de s'attaquer à l'Eglise..."

Cécile Bertrand, elle, doit parfois rusée pour aborder certains sujets : « j’ai fait une entourloupe le jeudi 21 avril parce qu’on m’avait refusé un dessin trois jours plus tôt. J’ai abordé quelques sujets sensibles grâce à une série « l’actualité vu par mon chat ». Je pense que quand je ne fais qu'en traiter par écrit, cela passe mieux. »

Et pourtant Cécile Bertrand a déjà obtenu deux récompenses grâce à La Libre. Le journal avait en effet publié deux illustrations qui ont valu à l’artiste le Prix Press Cartoon Belgium en 2007 et 2010.

 35 DESSINS REFUSÉS

Cependant, Cécile Bertrand a plus de dessins non publiés sous le bras que de récompenses. "Je me souviens d’un débat sur « les refusés » dans lequel plusieurs caricaturistes étaient invités. Je suis arrivée avec 35 dessins, Clou avec quelques-uns et Dubus avec un seul », nous raconte-t-elle.

Serait-ce alors un problème de qualité ? Tout comme Pierre Kroll, Cécile Bertrand assure recevoir très peu de réactions négatives. Voici d’autres dessins refusés qui vous permettront de juger par vous-même.


En attendant peut-être une étude comparative sur la façon dont les deux quotidiens ont couvert l’affaire Vangheluwe, l’impression que ces deux artistes ont de leur employeur ne tord pas le coup aux idées reçues… mais le débat reste ouvert.

 

Sources illustrations : LaLibre.be, LeSoir.be, Cécile Bertrand

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