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Les médias sont-ils libres?

"Les médias sont-ils libres ?", c’est la question à laquelle tenteront de répondre Jean-Jacques Jespers (ancien journaliste et professeur à l’ULB), Michel Collon (journaliste indépendant) et Thierry Fiorilli (éditorialiste-journaliste au quotidien “Le Soir”) au cours d'une conférence-débat ce 26 avril à l’Université Libre de Bruxelles. Plus d'infos

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Réseaux sociaux : une arme pour la police PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sarah Rentmeister   
Vendredi, 06 Mai 2011 14:31

Les réseaux sociaux tels que Facebook deviennent des terrains fertiles pour les policiers. Ils représentent de nouvelles techniques d’investigation même s’ils ont des limites qui ne sont pas encore très bien fixées.

L’enquêteur n’enfile plus seulement son imperméable à la « Colombo » pour partir à la recherche de preuves de terrain, son travail évolue et de nouveaux outils informatiques sont à sa disposition. Parmi eux, il y a les réseaux sociaux. On l’a encore constaté récemment en France à travers l’affaire de Nantes. Le Web 2.0 et dans ce cas-ci, les forums de discussion ont donné des indications aux enquêteurs sur la position de Xavier de Ligonnès, principal suspect de la mort des cinq membres de sa famille, qui demeure toujours introuvable aujourd’hui. En effet, ce dernier aurait posté un message sur un forum de discussion catholique. Les messages postés ont été utilisés par les enquêteurs, qui ont appris d’avantage de choses sur la personnalité du recherché.
 

 
 
L'enquête facebook, une pratique répandue 
 
On l’a bien compris, cette histoire montre que les forces de l’ordre puisent dans les réseaux sociaux pour faire avancer leurs enquêtes. De nombreux cas existent à l’étranger, en France ou encore aux Etats-Unis mais quid de la Belgique ? « Les réseaux sociaux sont des outils d’investigation comme les autres. Les policiers vont à la pêche aux informations sur internet, sur Facebook et sur Twitter comme ils iraient réaliser une enquête de voisinage. La recherche sur internet et sur les réseaux sociaux fait aujourd’hui partie intégrante des méthodes utilisées dans une enquête policière», explique Olivier Bogaert, Commissaire à la Police Judiciaire Fédérale de Bruxelles et en charge des nouvelles technologies. Bien entendu, internet ne peut supplanter l’enquête de terrain, qui reste fondamental. « Internet et les réseaux sociaux apportent une plus-value, c’est incontestable. Cependant, nous ne pouvons pas tout investir là-dedans. L’enquête classique doit évidemment continuer d’exister. Il faut envisager les informations trouvées sur Facebook comme un plus car je n’ai pas à ma connaissance une affaire qui a exclusivement été résolue grâce aux réseaux sociaux », poursuit le Commissaire convaincu. Le corps policier rassemble un maximum d’informations pour résoudre une affaire et les informations présentes sur les réseaux sociaux en font aujourd’hui partie.
 
Au delà du "public" 
 
Les forces de l’ordre ne sont pas autorisées à puiser toutes les informations qu’elles souhaitent sur les réseaux sociaux pour les besoins de leurs enquêtes.  Si vous êtes un utilisateur Facebook par exemple, et que votre profil est ouvert, les informations s’y trouvant sont considérées comme étant publiques, donc mises en ligne et rendues publiques par vous-même. La police peut dont en faire usage à des fins judiciaires. Dans le cas contraire, les enquêteurs doivent demander un mandat. La question qui se pose alors est de savoir si un policier a le droit de créer un faux profil Facebook et de s’infiltrer dans les amis d’un suspect. « A partir de ce moment, nous rentrons dans la législation des techniques spéciales. C’est une intrusion dans la vie privée des personnes qui sera appréciée par le juge d’instruction », explique Luc Beirens, Chef de service de la Computer Crime Unit (CCU). Si le juge estime que l’enquête sur le réseau social de la personne visée par l’accusation peut faire avancer l’affaire, il rédigera alors une ordonnance. 
L’utilisation que font les policiers des outils du Web 2.0 dépend évidemment de l’affaire en question et du type d’enquête. « En cas d’enlèvement parental par exemple, nous cherchons évidemment l’endroit où peut se trouver celui qui a enlevé l’enfant, nous investiguons pour établir des liens entre les personnes ou pour infirmer ou confirmer des éléments ou des alibis par le biais de photographies, de commentaires etc… », explique la CCU.
 
"Les policiers ne sont pas formés"
 
Les réseaux sociaux sont vus comme une aubaine par les policiers qui s’adaptent aux nouvelles technologies, tout en pointant du doigt les limites de celles-ci : « Les policiers ne sont pas formés à l’utilisation des réseaux sociaux, tant dans leur utilisation privée que professionnelle », insiste Luc Beirens, Chef de service de la Computer Crime Unit. Parmi les millions d’utilisateurs Facebook, il y a évidemment les policiers. Comme vous et moi, ils postent des photographies, écrivent sur le mur de leur proches et jouissent de toutes les fonctionnalités que peuvent offrir de tels sites.  « Les réseaux sociaux ne sont toujours très bien maitrisés par la police dans leur utilisation personnelle. Le danger réside dans la divulgation d’informations sur des enquêtes criminelles », dénonce la CCU, quelque peu inquiète. De plus, il est important de savoir que n’importe quelle information trouvée sur ces réseaux ne peut être utilisée contre un suspect en étant certain qu’il s’agit bien de lui, c’est donc un autre écueil auquel le policier doit être vigilant. « Nous ne savons jamais si la personne qui est derrière l’ordinateur est bien la personne que l’on pense », rajoute la CCU. De plus, les policiers se trouveraient dans une sorte de flou sur la question de la loyauté de la collecte d’informations pour leurs enquêtes. « Je me souviens d’une affaire où des informations ont été trouvées sur un profil facebook et utilisées dans une procédure. Au final, il y aurait eu abus des droits d’accès à ce profil ». Cet exemple montre bien à quel point les juges et les policiers doivent être formés à l’utilisation de ces réseaux sociaux, nouvelle mine d’or pour le corps policier.

Enfin, communiquer avec la population est aussi un des avantages des réseaux sociaux dans la recherche de criminels. A ce titre, pensons à la fameuse opération Infrared lancée par Interpol et à laquelle participe activement l’unité Fast (pour Fugitive Active Search Team) belge. Une sorte de « traque virtuelle » de criminels avec l’aide des internautes et des utilisateurs de Facebook et Twitter . En 2010, plus d’une centaine d’individus auraient été arrêtés grâce à cette opération. Les réseaux sociaux ont fait leur entrée dans le monde des enquêtes policières, c’est une réalité. Comme moyen de trouver des informations permettant de résoudre une affaire, les policiers fouillent eux-mêmes la toile ou demandent l’aide des internautes pour obtenir des informations cruciales. 

Crédit photo : Wordpress.com. Softsupllier.com 

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